" Un bateau amarré sous les remparts d’Aigues-Mortes.
Une maison atelier qui accueille le travail du peintre, les amis de toujours et la chronique heureuse d’une famille.
Pierre Marie Brisson cultive ici, aux portes de la Camargue, son goût immodéré pour la lumière.
Et comme tout méridional, après une enfance orléanaise et une jeunesse parisienne, il recherche aussi l’ombre : c’est le temps de la création et de la mémoire.
Les traces se mettent à vibrer des mille et un voyages.
La création, l’art et la peinture sont au cœur de toutes les rencontres et de toutes les amitiés.
Exposée dans le monde entier, et reconnue aux USA comme une œuvre majeure, la peinture de Pierre Marie Brisson est présente dans les collections des Musées de New-York, Los Angeles,
San Francisco.
Et aujourd’hui, Nîmes : comme une évidence.
Pierre Marie Brisson a tenu à nous faire partager – presque en voisin, presque des retrouvailles - cet éclat composé de lumière et d’ombre – un jeu, une tension entre deux termes qui
en période de Féria prennent tout leur sens : sol y sombra, la promesse d’une belle fête.
Avec pour cadre – et témoin : ah, si les pierres pouvaient parler ! – l’hôtel Chouleur, haut lieu de l’histoire nîmoise et voué depuis peu à la création dans ce qu’elle a de
plus sensible, de plus audacieux et de plus subtil."
Sol y sombra
6 rue Fresque
30000 Nîmes
04 66 84 76 31
17 septembre - 11 novembre 2008
vernissage 17 septembre à 19h
dbalay@viaa.fr
contact@espacechouleur.fr
Télécharger le dossier de presse de l'exposition Sol y Sombra / BRISSON
Approches de l’œuvre
En 1997, le critique et éditeur Michel Archimbaudéchange avec Pierre Marie Brisson des propos qui ont gardé tout leur intérêt et marquent bien la cardinalité où s’inscrit l’œuvre du peintre jusqu’à aujourd’hui : puissance primitive, classicisme des thèmes et modernité des traitements.
« Michel Archimbaud : Vous avez une longue expérience de la peinture et du dessin, vous possédez une technique sûre, et pourtant, on a envie de qualifier votre peinture d¹émotive, de primitive, pas primaire mais primitive.
Pierre-Marie Brisson : Hormis mon inspiration propre, qui puise effectivement ses racines dans tout l’univers primitif, je crois que cela vient aussi du matériau. Même si les choses ont changé depuis maintenant une dizaine d¹années. Il y a beaucoup de couleurs nouvelles dans mes tableaux. Le fait de vivre dans le sud de la France m’a donné envie de cracher de la couleur. Tout en gardant le rapport avec l’idée de ces personnages qui se promènent sur la toile. Ils passent et ne font que passer pour habiter un espace, un fond, qui ne pourrait être qu’abstrait.
MA : Ces personnages ont-ils une réelle importance ? Ou sinon, qu’est-ce qui en a le plus ? La texture, l’histoire que vous vous racontez avant de la créer ?
PMB : En fait, l’intervention du personnage, c’est juste un élément qui vient saluer la personne qui regarde l’œuvre.
MA : La richesse des fonds, me semble-t-il, provient de cette texture accidentée, pas forcément lisse ni confortable. Je me souviens que vous l¹aviez évoqué lors d’une rencontre avec Balthus. Le tempera, les matériaux naturels, latins, cela correspond vraiment à votre travail d’aujourd’hui ?
PMB : Oui. Il y a toujours cette texture heurtée, fatiguée, qui est en train de naître ou de disparaître. C'est toute la question ! C'est une volonté de me rapprocher toujours des arts primitifs, qui ont des caractères d¹abstraction incroyables. Quelque chose qui n’appartient pas à notre siècle.
MA: Depuis l’inspiration des jeunes années, votre idée a toujours été de communier avec les arts primitifs ?
PMB : C¹est parti d’une image simple, presque banale. Comme beaucoup d'enfants, l'attirance a été immédiate pour le primitif : les pierres taillées, les hommes de Cro-Magnon, les peintures rupestres Depuis ce temps-là, ça ne m'a plus quitté. Comme si j’avais avancé à travers diverses époques : celle des Romains, des Etrusques, des Grecs.
MA : Comment se fait le choix des formats ?
PMB : J'ai un rapport physique avec la peinture. C'est très important pour moi. Le choix des formats dépend de l¹envie du geste, large ou minutieux. Si l’on travaille sur quelque chose d¹extrêmement petit, on peut arriver à une frustration et avoir soudain envie d’éclater cette minutie sur un cadre immense. De même, la grande toile peut produire l’effet inverse. »
Entretien avec Michel Archimbaud in PIERRE MARIE BRISSON, Catalogue du musée Faure, Aix les Bains (1997).
Pierre Marie Brisson fête ses 20 ans de collaboration avec la galerie Franklin Bowles.
Galeriste et curateur influent aux Etats Unis, Franklin Bowles a mesuré d'emblée l'importance du travail de Pierre Marie Brisson et l'a inscrit dès 1985 dans ses
galeries de San Francisco et de New York aux cotés d'oeuvres et d’artistes qui ont marqué l'histoire de la peinture (Picasso, Calder, Miro, Chagall, Kuper...) .
Le pacte amical à l’origine de leur collaboration s’est maintenu jusqu’à aujourd’hui, en suivant les évolutions de l'artiste qui compose une oeuvre singulière et totalement hors des
modes.